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Impression 3D santé : un essor à venir

L’impression 3D dans le domaine de la santé laisse, dès aujourd’hui, entrevoir de belles perspective pour les mois/années à venir… Elle est en passe de devenir un processus de production médicale incontournable, et permet une personnalisation spectaculaire.

Un récent rapport du cabinet de conseil Fabulous vient même de nous annoncer que ce secteur devrait progresser de 25% par an d’ici 2020 ou il représentera 2,13 milliards de dollars contre 490 millions en 2016.

Ces travaux estiment que les implants, les guides chirurgicaux (prothèses permettant de reconstituer par exemple un modèle de crâne afin de s’entrainer avant l’opération) et la bio-impression possèdent le plus fort potentiel.

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En 2014, le marché des implants personnalisés représentait déjà 800 millions de dollars, mais il devrait devenir de plus en plus important car la fabrication d’implants par impression 3D permet de réduire les coûts et les délais de fabrication.

« Par ailleurs, l’imprimante 3D donne la possibilité de créer des formes complexes. Dans le secteur médical, on donne à un implant osseux une structure interne qui permet une meilleure vascularisation et adaptation de la prothèse pour se ressouder avec autres os. On peut ainsi créer des produits à haute valeur ajouté, pas faisable autrement », expliquent les auteurs du rapport. Ces avantages permettent notamment de réduire les risques de fautes médicales.

Des outils pour s’entrainer avant une opération

Les guides chirurgicaux sont eux aussi très prometteurs. Aux Etats-Unis, une équipe de chirurgiens a récemment fabriqué la réplique exacte du cœur malformé d’un bébé. Ils se sont ainsi entraînés sur la maquette avant d’opérer le nourrisson.

Grâce à l’impression additive (comprenez 3D), étudiants et praticiens peuvent s’exercer à réaliser des opérations particulièrement délicates, réduisant les risques d’erreurs lors de la réalisation du geste.

Impression 3D du vivant

Autre domaine qui devrait être bouleversé par le développement de l’impression 3D : celui de la bio-impression.

Actuellement en phase de recherche et d’approfondissement, les auteurs du rapport écrivent qu’il y a « une optique d’un marché à 3 milliards de dollars en 2025 », pour cette technique.

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La bio-impression consiste à utiliser des tissus vivants (le plus souvent des cellules). Grâce à ce procédé, il est désormais possible de fabriquer des tissus vivants complexes comme la peau ou bien le cartilage.

L’impression de médicaments en 3D devrait elle aussi créer une petite révolution. En 2015, les autorités sanitaires américaines (FDA) ont donné leur feu vert pour la commercialisation d’un traitement antiépileptique fabriqué par impression 3D. Celui-ci se présente sous forme de comprimés particulièrement poreux, ce qui permet d’obtenir une dissolution bien plus rapide que celle des produits classiques.

Les scientifiques sont également en train de travailler sur la possibilité de de médicaments personnalisés. Cela serait particulièrement intéressant pour les traitements comprenant des principes hautement actifs qui requièrent des mesures de sécurité très strictes afin de surveiller au mieux la qualité, la stabilité et la précision de leurs dosages. Cela ouvre également la voie à l’élaboration de comprimés adaptés tout spécialement aux besoins et aux caractéristiques du patient.

Il se pourrait alors bien que l’industrie pharmaceutique soit amenée à repenser ses modèles économiques afin de s’adapter à la production croissante de médicaments et de produits médicaux imprimés en 3D.

 

Camille Richebois, membre du collectif Pharmageek