Les isotopes, c’est bon pour la santé #radioactivité #santé

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Les isotopes, c’est bon pour la santé #radioactivité #santé

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Voilà plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs années, que la communauté santé s’inquiète sur la disponibilité du Technetium 99, principal composé radioactif utilisé dans les examens de médecine nucléaire.

J’avais évoqué ces inquiétudes dans un précèdent post “Citoyen Empowerment – Radioactivité et santé : si on en parlait !” en relayant l’article du Dr JP Rivière sur le site de Vidal ainsi que la pétition mise en ligne sur le site Cancer Contribution.

Le marché mondial de Technetium 99 est de 40 millions de doses par an… et devrait augmenter de 15% dans les 10 ans à venir pour faire face à une demande croissante liée au vieillissement de la population.

Le technétium 99 est un élément radioactif indispensable pour la réalisation des scintigraphies, des examens diagnostiques d’importance majeure en oncologie, cardiologie, neurologie, endocrinologie, urologie, pneumologie…

Le technetium 99 est donc essentiel à la médecine nucléaire. Pour autant sa production est loin d’être assurée.

Seuls neuf réacteurs nucléaires dans le monde peuvent produire ces isotopes radioactifs médicaux et cinq d’entre eux assurent 95% de la production :

  • Le NRU au Canada qui en réalise 43%. (Bien que les plus importants consommateurs, les Etats-Unis dépendent du Canada.)
  • Le réacteur de Petten, aux Pays-Bas, (28%)
  • Le BR2 en Belgique (11%),
  • Le Safari en Afrique du Sud (9%),
  • Osiris, pour 8%.

Pénurie d’isotopes en médecine nucléaire : un grand risque pour la santé publique et une perte de chance pour les patients concernés

Mis en service en 1966, le réacteur français Osiris est le plus jeune d’entre eux et doit être fermé en cette fin d’année 2015.

Décision de fermeture prise en 2007 parce qu’il devait être remplacé par le réacteur Jules Horowitz (RJH) en cours de construction à Cadarache.

Mais la construction a pris du retard et Areva a annoncé que le coût initialement prévu avait double pour atteindre plus d’un milliard d’euros.

Mais la menace de fermeture plane aussi sur le NRU canadien qui doit fermer entre 2016 et 2018 et le BR2 en Belgique qui sera mis en maintenance en 2016…

Cela met l’approvisionnement du technetium 99 en grande difficulté au niveau mondial posant ainsi un grand risque pour la santé publique et une perte de chance pour les patients concernés.

Rayonnements ionisants et médecine nucléaire

Pour comprendre l’importance de ces radioéléments en médecine, je vous invite à regarder cette interview du Pr Martin SCHLUMBERGER, chef du service de médecine nucléaire à Gustave Roussy de Villejuif.

ISOTOPE SCHLUMBERGER

Dans cette interview il rappelle les deux grandes indications des rayonnements ionisants : l’une thérapeutique, la radiothérapie, et l’autre diagnostic avec l’imagerie.

Dans les deux cas des isotopes radioactifs peuvent être utilisés.

En thérapie cela plus de 60ans qu’ils sont utilisés.

L’iode radioactif, l’iode 131, est encore utilisé dans les maladies thyroïdiennes mais d’autres isotopes radioactifs ont fait leur apparition comme les émetteurs alpha ou les émetteurs beta.

En imagerie médicale, les isotopes radioactifs sont utilisés lors d’utilisation de petscan ou de gamma-caméras. L’isotope le plus utilisé dans ces cas là est le Technetium 99. D’ou l’importance d’en disposer.

Pour rappel, plus d’un million d’examens d’imagerie nucléaire sont réalisés chaque année en France.

Ces isotopes radioactifs sont ils dangereux?

“La réponse est non. Si ils étaient dangereux et si ils mettaient en danger la vie des patients auxquels ils sont injectés, bien sûr qu’ils ne seraient pas utilisés.”

Pr M. Schlumberger.

De bonnes nouvelles en provenance du Canada

Les canadiens travaillent depuis plusieurs années à trouver d’autres moyens pour produire le Technetium 99.

Pas seulement pour garder leur place de premier producteur ou de fournisseur du plus gros marché, mais aussi pour répondre aux besoins de santé publique liés à cet isotope radioactif.

En 2009 le Canada a déjà expérimenté une pénurie de Technetium 99 lorsque le NRU a été fermé pendant près de 10 mois.

Il aura fallu tous les efforts et la patience de l’ensemble des professionnels de la chaîne de la médecine nucléaire pour arriver à passer cette période difficile en réduisant au maximum les impacts sur la qualité des soins.

La solution pourrait provenir de productions faites à partir de cyclotron.

Piste explorée depuis quelques années mais longtemps considérée comme insuffisante pour fournir les quantités nécessaires d’isotopes, la production de Techetium 99 à partir de cyclotron pourrait se développer rapidement.

Le 5 janvier 2015, les chercheurs de l’installation de physique subatomique de TRIUMF à l’Université de la Colombie-Britannique ont annoncé une percée : la démonstration d’un procédé au moyen duquel un cyclotron médical de marque commune peut produire en six heures assez de 99mTc pour répondre aux besoins quotidiens d’une population de la taille de celle de la Colombie-Britannique, qui compte environ 500 patients.

Cela pourrait être la solution attendue pour éviter la pénurie de Technetium 99 sous réserve des tests et essais qui doivent être menés dans les 18 mois à venir.

Cette solution a en plus l’avantage de ne pas générer de déchets radioactifs.

Isotopes et nanoparticules pour lutter contre le cancer

Explorer les propriété in vivo des tumeurs sans faire de biopsie et avoir une imagerie complète de l’organisme… voilà ce que pourrait être la prochaine étape pour l’imagerie nucléaire selon le Pr M Schlumberger.

L’imagerie fonctionnelle à l’aide de traceurs spécifiques pourrait éviter des actes agressifs comme la chirurgie.

Peut être à tort mais cela me fait penser au dernier projet de Google sur son bracelet anti-cancer qui devrait utiliser des nanoparticules pour marquer les cellules cancéreuses et les détruire…

En tout cas la médecine avance….

Digitalement vôtre

Lionel REICHARDT – Le Pharmageek

En partenariat avec Capital Image et le Conseil Scientifique Santé et Energies d’EDF