#Cancer : une #innovation incrémentale à valoriser #RCFr15

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#Cancer : une #innovation incrémentale à valoriser #RCFr15

Cancer - Innovation incrémentale

Cancer - Innovation incrémentale

Innovation : un petit pas contre le cancer est parfois un grand pas pour la prise en charge…

La semaine dernière, Marisol TOURAINE, ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des femmes, a reçu le rapport de Dominique POLTON sur la réforme des modalités d’évaluation des médicaments.

Commandé par la ministre lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2015, le rapport de Dominique POLTON formule des propositions concrètes pour améliorer la lisibilité des critères d’évaluation des médicaments pour leur admission au remboursement et pérenniser le financement de l’innovation thérapeutique, alors que de nouveaux traitements, efficaces mais chers, font leur apparition sur le marché.

Cette semaine,  se tiennent les Rencontres de la Cancérologie Française sur le thème du «Parcours de soins et du parcours de vie» et cette question cruciale, pour ne pas dire vitale à la fois pour les patients et pour l’industrie, du financement et de l’accès à l’innovation sera au cœur de plusieurs tables rondes.

En effet, les nouveaux traitements contre le cancer représentent plus de 40% des molécules mises sur le marché depuis 2004 en Europe (source). Une innovation souvent coûteuse et qui ne révolutionne pas la prise en charge médicamenteuse même si elle marque un progrès sensible.

On parle alors d’innovation incrémentale par opposition à l’innovation de rupture qui marque un changement plus important.

Cette innovation incrémentale en santé doit-elle être prise en compte et comment ? C’est toute la question que se posent les décideurs de santé dans un contexte économique de plus en plus complexe.

Alors comment (re)définir et financer l’innovation ? Comment améliorer patients l’accès à ces innovations pour les patients ?

 

L’innovation en santé, un processus de plus en plus incrémental

 Compte tenu du nombre de thérapeutiques déjà commercialisées, de la complexité du développement et de la mise sur le marché d’un médicament, l’innovation dans la prise en charge médicamenteuse est désormais essentiellement incrémentale.

Protégés par des brevets, évalués par des agences du médicaments, ces nouveaux traitements sont valorisés à la hauteur de l’innovation qu’ils représentent par rapport aux traitements déjà existants.

Ces processus d’évaluation du médicament et de la fixation de son prix et de remboursement ont bien été expliqués par le LEEM dans les infographies suivantes :

Comment le médicament est - il évalué ? LEEM - 2015

Comment le médicament est – il évalué ? LEEM – 2015

Remboursement et Prix - LEEM 2015

Remboursement et Prix – LEEM 2015

On comprend bien alors que le SMR (Service Médical Rendu) et l’ASMR (l’Amélioration du Service Médical Rendu) sont au cœur du processus de fixation des prix du médicament et donc du financement de l’innovation.

Dans le cas d’innovations incrémentales, l’accès au marché pour ces traitements n’est pas toujours assuré alors qu’à l’échelle du temps, ces molécules peuvent avoir un intérêt dans l’évolution de la prise en charge de la pathologie.

Leur SMR est donc souvent important,  mais leur ASMR faible.

C’est ce que montrent les données de la HAS sur les cinq dernières années :

en moyenne, environ 80% des SMR attribués (pour des médicaments nouveaux ou des extensions d’indications) ont été des SMR importants alors que sur la même période 86% des ASMR attribuées sont de niveau V, soit une ASMR considérée comme inexistante.

Pour autant, ces traitements peuvent constituer une avancée dans la prise en charge de la pathologie. On sait que dans de nombreux cas, la succession ou la combinaison d’innovations incrémentales aboutit à des résultats similaires à ceux des innovations de rupture.

L’innovation incrémentale est bien illustrée par cette étude de 2013 sur les progrès réalisés sur l’espérance de vie de patients atteints de cancer colorectal en 30 ans d’avancées thérapeutiques :

Espérance de vie de patients atteints de cancer colorectal - 2013

Espérance de vie de patients atteints de cancer colorectal – 2013

La survie globale est passée de 5 mois à 25 mois… Une stratégie « des petits pas » que l’on retrouve dans d’autres types de cancers comme le cancer du sein métastatique hormono-dépendant ou le cancer du poumon métastatique.

C’est encore insuffisant mais cela trace une direction, notamment pour donner plus de place à l’évaluation médico-économique en vie réelle sur le cycle de vie de la molécule.

Et c’est peut-être, aussi, une avancée sur la connaissance de la pathologie et des traitements qui permettra peut-être, un jour, une innovation majeure.

 

CANCER : les défis de l’innovation

En décembre 2013, une table ronde « Cancers : les défis de l’innovation » a été organisée à l’initiative de Lilly France (qui n’a pas pris part aux débats).

Cet évènement a réuni l’ensemble des acteurs de l’oncologie, bien au-delà des experts médicaux, et a donné lieu à de nombreuses interviews vidéo.

Représentants de patients, sociologues, économistes de la santé et professionnels de santé ont pu ainsi échanger sur l’accès à l’innovation en cancérologie et tous ont reconnu l’importance de soutenir l’apport des innovations incrémentales.

Je vous invite à aller regarder certaines de ces interviews sur la chaîne dédiée :

Cancers : les défis de l'innovation - interviews

Cancers : les défis de l’innovation – interviews

Cette importance donnée à l’accès à l’innovation pour les patients est reprise aussi dans les deux derniers plans cancer, notamment dans l’objectif 5 du Plan Cancer 2014-2019.

Innovation au bénéfice des patients #RCFr15 #cancer

Innovation au bénéfice des patients #RCFr15 #cancer

 

Le LEEM avait lui aussi apporté sa contribution à ce plan en insistant sur l’importance de « Valoriser l’innovation incrémentale en oncologie »

« Le progrès médical et l’innovation thérapeutique sont une nécessité en cancérologie, et un véritable enjeu pour les malades et les soignants : en situation métastatique, la survie du patient dépend :

  • de l’accès aux nouveaux médicaments en sus des traitements standards (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie)
  • de l’accès rapide aux médicaments innovants
  • d’un égal accès aux programmes de recherche clinique, souvent le seul moyen de recevoir une thérapie innovante.

Plus que dans tout autre domaine, l’innovation en oncologie est par essence incrémentale.

Pour accéder au marché, une nouvelle molécule en oncologie va suivre un processus de développement long, complexe et coûteux, qui démarre toujours en situation métastatique, le plus souvent en 2ème voire 3ème ligne métastatique. » 

Mais l’innovation en santé change de visage depuis plusieurs années sous l’impulsion de 3 grands flux :

  • les biotechnologies
  • le numérique
  • les nanotechnologies, l’électronique, les implants, la robotique.

Ce sont,  en tout cas,  les propos tenus par le président de Biovision, Didier Hoch, à l’Académie de Pharmacie, le 4 mars dernier, lors d’un colloque sur l’innovation.

Pour lui : « Le potentiel d’innovation en santé est quasi-illimité ».

Mais c’est aussi tout un système qu’il faut repenser en innovant en matière d’organisation mais aussi en matière d’évaluation et de financement.

Le rapport de Dominique Polton est un premier pas dans cette direction en remettant à plat le système d’évaluation… Il ne reste plus qu’à le faire dans la perspective de l’accès à l’innovation.

 

Digitalement vôtre.

Lionel REICHARDT/ Le Pharmageek

Post réalisé en partenariat avec Capital Image et Lilly France.

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